La FEDEC est l’organe faîtier de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud (diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Suisse francophone). Cet organisme fait beaucoup jaser ces derniers temps, notamment suite à l’éviction d’un journaliste de son assemblée générale. Manu militari, l’expulsion. Je vous raconte.
Par Sarah Dars dans Golias Hebdo n°904.
Mon copain Jean-Brice est journaliste indépendant. La pire des espèces, je sais, j’en suis. Talentueux, le copain. Quand il sort une enquête, il a bossé, je le connais. Et comme il travaille actuellement sur plusieurs dysfonctionnements au sein de la FEDEC, il s’est rendu le 11 décembre dernier à l’assemblée générale de la puissante organisation ecclésiale. Il y avait de quoi puisque l’ancien numéro deux vient d’être condamné pour détournement de fonds. Et il ne s’agissait pas d’un panier de quête, j’aime mieux vous dire : 100’000 euros, le détournement ! Pour ses besoins personnels, en plus !
Par ailleurs, la séance en question se déroulait dans la salle du Grand Conseil de l’Etat de Vaud. Réputée publique, donc. Nul ne peut interdire à un journaliste d’entrer en ce lieu. Ah, fallait y penser avant, les chéris : si l’Eglise choisit de se rassembler dans une salle de l’Etat, faut assumer.
Reconnaissant le dangereux importun à l’entrée de la salle, le Comité de l’organisme panique. Sa présidente et plusieurs membres viennent alors trouver le journaliste et le prient de… sortir. On croit rêver ! Exclure un journaliste d’une assemblée générale officielle, dans laquelle le budget de l’Eglise va être discuté, c’est inédit. Or l’impôt ecclésiastique est en vigueur dans le canton de Vaud, on parle donc de l’argent du contribuable dont chacun a droit de connaître la destination. Après une demi-heure d’attente un peu tendue, surprise : c’est la police en personne qui vient sortir mon copain.
Jean-Brice nous signale aussi que la FEDEC sort chaque jour une revue de presse à destination de tous les employés laïcs et prêtres du canton. Et que cette revue de presse prétend être exhaustive, c’est-à-dire relayer tout ce qui est paru dans la presse chrétienne des jours précédents. Il paraît que les petits censeurs qui la rédigent ne relaient pas toujours mes chroniques. Oh les vilains ! En fait, tout dépend si elles leur paraissent politiquement correctes ou pas, semble-t-il. Traduction : tout dépend si elles visent les petits copains ou pas. Pas de bol : les catéchistes et bien des prêtres du canton me lisent, ça je le sais (merci à eux pour leurs messages réguliers sur les réseaux sociaux). Alors je les mets au défi de vérifier si cette chronique apparaît dans une prochaine revue de presse… ou si elle est censurée, allez savoir ! Et pour ce qui est de la FEDEC, je vous promets un autre « P’tit Suisse » dans un prochain numéro. Parce qu’il y a deux trois trucs pas bien nets du côté des ressources humaines et j’entends bien vous en causer.
